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Colères du tout-petit : comprendre, traverser, prévenir

Il se roule par terre au supermarché, tape, crie « non ! » à tout. C'est épuisant, et c'est normal. Voici ce qui aide vraiment, pour lui et pour vous.

Mis à jour le 13 octobre 2026 · sources vérifiées le 13 octobre 2026

En bref

Les colères commencent souvent vers 18 mois et sont très fréquentes jusqu'à 3 ans : l'enfant ressent une frustration qu'il ne sait pas encore dire avec des mots. Pendant la crise, restez calme, assurez sa sécurité, ne cédez pas sur ce qui a été refusé, et nommez son émotion. Elles deviennent bien plus rares vers 4 ans, quand le langage prend le relais.

Pourquoi il se met en colère

Le NHS l'explique simplement : le tout-petit veut s'exprimer mais n'y arrive pas encore, la frustration déborde en colère. mpedia ajoute que la période de 2 à 3 ans est celle de l'opposition : l'enfant dit non pour affirmer sa personnalité et prendre sa place. Plus le langage manque, plus l'opposition passe par le corps (crier, taper, se rouler par terre).

Les déclencheurs fréquents :

  • la fatigue et la faim, de loin les plus courants ;
  • la frustration (un objet refusé, une activité interrompue) ;
  • la jalousie, l'arrivée d'un bébé, un changement de mode de garde ;
  • un besoin d'attention, même par un comportement difficile.

Le fait que les colères soient surtout dirigées contre sa mère, ou son parent le plus proche, est habituel selon mpedia : c'est avec la personne en qui il a le plus confiance qu'il ose exprimer tout ce qu'il ressent.

Pendant la crise : ce qui aide

Après la crise

  • Reprenez contact avec douceur : un câlin, quelques mots.
  • Nommez l'émotion : « Tu étais très en colère parce que… » Le NHS souligne que cela l'aide à reconnaître ses propres sentiments.
  • Pas de longue leçon : il est trop petit pour l'entendre à chaud.

Prévenir une bonne partie des colères

SituationCe qui aide
Faim, fatigueGoûter dans le sac, sieste et coucher protégés, même si l'on manque une sortie
CoursesSorties courtes, lui donner un rôle (« tu cherches les bananes ? »)
Transitions (bain, départ, coucher)Prévenir à l'avance, une routine identique chaque jour
Besoin de contrôlePetits choix fermés : « le pyjama rouge ou le bleu ? » plutôt que « tu veux te coucher ? »
Besoin d'attentionLe remarquer quand tout va bien et le dire précisément
Énergie à dépenserUn parc, de l'espace pour courir et crier

L'AAP résume : choisissez vos combats, soyez cohérent d'un jour à l'autre, et accordez-vous des pauses en vous relayant avec un autre adulte.

Taper, mordre, pousser

C'est fréquent chez les petits et ne prédit pas un enfant agressif plus tard (NHS). Mais on ne l'ignore pas : arrêtez le geste immédiatement, éloignez-le de la situation, dites clairement que cela fait mal et que vous ne le permettez pas, sans le frapper en retour.

Et la fessée ?

Elle n'est pas une solution. En France, la loi prévoit que l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques. Une méta-analyse (Gershoff et Grogan-Kaylor, 2016) regroupant plus de 160 000 enfants associe la fessée à un risque accru de difficultés pour l'enfant, avec des effets proches de ceux de la maltraitance physique. Si vous sentez que vous êtes à bout, posez l'enfant en sécurité et sortez de la pièce quelques minutes : se mettre à l'abri de sa propre colère, c'est aussi le protéger.

Est-ce normal ? Quand appeler ?

Est-ce normal ? Oui, même plusieurs fois par jour à certaines périodes, même en public, même chez un enfant très câlin le reste du temps. Parlez-en à votre pédiatre, votre médecin ou à la PMI si les colères sont très fréquentes et durent longtemps après 4 ans, si votre enfant se blesse ou blesse les autres régulièrement, si son langage semble en retard, ou si vous vous sentez dépassée. Demander de l'aide est un geste de parent responsable.

Pour le co-parent

Accordez-vous sur deux ou trois règles non négociables et sur la façon de réagir. Quand l'un s'épuise, l'autre prend le relais : c'est l'un des conseils les plus simples et les plus utiles de l'AAP.

Notre guide The Toddler Years rassemble routines, scripts de phrases pour les moments difficiles et tableaux à afficher sur le frigo.

Les questions des parents

À quel âge commencent les colères ?

Le NHS les situe autour de 18 mois ; l'Académie américaine de pédiatrie indique qu'elles sont le plus fréquentes entre 1 et 3 ans. Elles diminuent nettement vers 4 ans.

Faut-il céder pour arrêter la crise ?

Non, si vous avez dit non pour une bonne raison : céder lui apprend que la colère fonctionne. Choisissez en revanche vos combats : sur ce qui n'est pas important, vous pouvez assouplir avant la crise.

Mon enfant tape quand il est en colère, que faire ?

Arrêtez le geste tout de suite, calmement et fermement, et dites clairement que vous ne le laissez pas faire mal. Taper ou mordre n'annonce pas un enfant agressif plus tard, mais cela ne doit pas être ignoré.

La fessée peut-elle aider ?

Non. En France, l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques, et une méta-analyse portant sur plus de 160 000 enfants associe la fessée à davantage de difficultés pour l'enfant.

Sources

  1. NHS — Temper tantrums vérifiée le 13 octobre 2026
  2. HealthyChildren.org (American Academy of Pediatrics) — Top Tips for Surviving Tantrums vérifiée le 13 octobre 2026
  3. mpedia (AFPA) — Colère, opposition et violence à 2 ans vérifiée le 13 octobre 2026
  4. Service-public.fr — Exercice de l'autorité parentale (vérifié le 6 octobre 2025) vérifiée le 13 octobre 2026
  5. Gershoff E. T., Grogan-Kaylor A. — Spanking and child outcomes: Old controversies and new meta-analyses, Journal of Family Psychology, 2016 (DOI 10.1037/fam0000191) vérifiée le 13 octobre 2026

Mamavela informe ; ce guide ne remplace pas votre sage-femme, votre médecin ou votre pédiatre, qui connaissent votre situation. Au moindre doute, appelez-les. En cas d’urgence : le 15 ou le 112.

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