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Les écrans et votre enfant de 0 à 6 ans : des repères, pas des reproches

Une vidéo pour finir le repas, un dessin animé pour prendre sa douche : tous les parents connaissent ces moments. Voici ce que disent les recommandations, pourquoi, et comment faire autrement sans culpabiliser.

Mis à jour le 13 octobre 2026 · sources vérifiées le 13 octobre 2026

En bref

En France, la commission « Enfants et écrans » (2024) recommande de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans aux écrans, puis de les déconseiller jusqu'à 6 ans, ou de les limiter fortement, avec des contenus de qualité et un adulte à côté. L'OMS ne recommande aucun écran avant 2 ans, puis au plus 1 heure par jour jusqu'à 5 ans.

Les repères officiels, en un tableau

ÂgeCommission « Enfants et écrans » (France, 2024)OMS (2019)
Moins de 1 anPas d'écranÉcrans non recommandés
1 anPas d'écranÉcrans non recommandés
2 ansPas d'écran avant 3 ansAu plus 1 heure par jour, moins c'est mieux
3 à 6 ansDéconseillés, ou fortement limités, occasionnels, contenus de qualité, avec un adulteAu plus 1 heure par jour jusqu'à 4 ans, moins c'est mieux
Après 6 ansUne exposition modérée et contrôlée—

La commission a choisi de ne pas fixer de durée quotidienne : selon elle, un « temps maximum par jour » laisse entendre qu'un écran chaque jour est normal pour un jeune enfant. Elle suggère plutôt de raisonner à la semaine : un programme adapté de temps en temps, à un moment choisi, avec un adulte. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommandait déjà de proscrire les écrans avant 3 ans quand il n'y a pas d'interaction avec un parent. mpedia rappelle que le carnet de santé reprend, depuis 2018, l'absence d'exposition aux écrans avant 3 ans.

Pourquoi ces recommandations

  • Le langage se construit dans l'échange. mpedia indique qu'un usage non interactif des écrans n'aide pas à apprendre à parler, et qu'une télévision allumée en fond perturbe le jeu, même si l'enfant ne la regarde pas.
  • Le corps a besoin de bouger. L'OMS recommande au moins 180 minutes d'activité physique par jour, réparties dans la journée, de 1 à 4 ans, et de ne pas rester attaché ou assis plus d'une heure d'affilée.
  • Le sommeil en dépend. Le HCSP juge les effets des écrans sur le sommeil établis, d'autant plus que le temps d'écran augmente. Il conseille de ne pas mettre d'écran dans la chambre et d'arrêter la télévision une heure avant le coucher.
  • Le temps d'écran prend la place d'autre chose. Une étude canadienne qui a suivi 2 441 enfants a montré que davantage d'écran à 2 et 3 ans était associé à de moins bons résultats aux tests de développement un à deux ans plus tard (Madigan et coll., JAMA Pediatrics, 2019). C'est une association, pas une condamnation : elle invite à rééquilibrer, pas à paniquer.

Est-ce normal ?

Votre enfant regarde parfois un dessin animé ? Vous n'avez rien « abîmé ». Les recommandations sont des repères vers lesquels tendre. Ce qui compte, c'est la place que prennent les écrans dans ses journées, et le temps passé à jouer, bouger, dormir et parler avec vous.

Au quotidien : des idées qui marchent

Une règle simple, celle des « quatre pas » de la psychologue Sabine Duflo, que cite la commission : pas d'écran le matin avant l'école, pas pendant les repas, pas avant de dormir, pas dans la chambre.

Et pour vous ? Dès la naissance, la commission recommande de limiter autant que possible les téléphones à la maternité et la télévision allumée en continu : un environnement calme compte pour le nouveau-né comme pour sa mère. Pas pour culpabiliser : votre attention est ce que votre enfant préfère au monde.

Quand en parler

Pour le co-parent et la famille

Les règles tiennent quand tous les adultes les appliquent : parents, grands-parents, nounou, crèche. Mettez-vous d'accord sur trois ou quatre règles simples et écrivez-les. Familles séparées : une base commune dans les deux maisons rassure l'enfant, même si le reste diffère.

Les écrans pèsent souvent sur l'heure du coucher : voir le sommeil de l'enfant de 1 à 4 ans. Et quand l'arrêt de l'écran tourne à la crise, notre page sur les colères du tout-petit peut aider.

Les questions des parents

Un appel vidéo avec les grands-parents, c'est un écran à éviter ?

La commission « Enfants et écrans » précise que sa recommandation ne condamne pas des usages ponctuels et courts, et cite justement l'échange en visio avec les grands-parents comme exemple. C'est un moment d'interaction, avec vous à côté.

La télévision allumée en fond, est-ce un problème ?

mpedia rapporte qu'une télévision en bruit de fond perturbe l'attention d'un enfant qui joue, même s'il ne la regarde pas, et réduit son temps de jeu. Éteignez-la quand personne ne la regarde.

Combien de temps d'écran à 4 ans ?

L'OMS fixe au plus 1 heure par jour entre 2 et 4 ans, et moins c'est mieux. La commission française préfère ne pas fixer de durée quotidienne et recommande, jusqu'à 6 ans, un usage rare, de qualité et accompagné.

Les dessins animés éducatifs aident-ils à parler ?

Non, pas avant 3 ans. mpedia indique qu'un usage non interactif des écrans n'aide pas à l'acquisition du langage. Ce sont les échanges avec vous, les histoires et les jeux qui le construisent.

Sources

  1. Commission « Enfants et écrans » — Enfants et écrans, à la recherche du temps perdu (rapport remis au président de la République, avril 2024) vérifiée le 13 octobre 2026
  2. HCSP — Effets de l'exposition des enfants et des jeunes aux écrans vérifiée le 13 octobre 2026
  3. OMS — To grow up healthy, children need to sit less and play more (lignes directrices pour les moins de 5 ans, 2019) vérifiée le 13 octobre 2026
  4. mpedia (AFPA) — Les risques des écrans avant 3 ans vérifiée le 13 octobre 2026
  5. Madigan S. et al. (2019), Association Between Screen Time and Children's Performance on a Developmental Screening Test, JAMA Pediatrics (DOI 10.1001/jamapediatrics.2018.5056) vérifiée le 13 octobre 2026

Mamavela informe ; ce guide ne remplace pas votre sage-femme, votre médecin ou votre pédiatre, qui connaissent votre situation. Au moindre doute, appelez-les. En cas d’urgence : le 15 ou le 112.

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