Aller au contenu
La Bibliothèque · 99 €

Sport et grossesse : bouger en confiance, trimestre après trimestre

Bouger pendant la grossesse n'est pas seulement permis, c'est recommandé. Encore faut-il savoir combien, comment et avec quelles précautions. Voici les repères de la HAS, sans excès de prudence ni prise de risque.

Mis à jour le 13 octobre 2026 · sources vérifiées le 13 octobre 2026

En bref

La HAS recommande l'activité physique à toutes les femmes enceintes sauf contre-indication : endurance d'intensité faible à modérée, renforcement musculaire modéré et assouplissement, au moins trois séances par semaine, pour 150 à 180 minutes hebdomadaires. Après 24 SA, évitez les exercices allongée sur le dos et toute activité à risque de chute.

Pourquoi bouger pendant la grossesse

La HAS est nette : toutes les femmes enceintes peuvent pratiquer une activité physique, ajustée à leurs capacités, sauf contre-indication posée par le médecin ou la sage-femme. Elle précise que cette activité n'augmente pas les risques liés à la grossesse ou à l'accouchement, notamment de naissance prématurée ou de fausse couche.

Les bénéfices sont bien documentés. L'OMS indique que, chez la femme enceinte et en post-partum, l'activité physique réduit le risque de prééclampsie, d'hypertension gestationnelle, de diabète gestationnel, de prise de poids excessive, de complications de l'accouchement, de dépression post-partum et de complications néonatales, sans effet négatif sur le poids de naissance. La recommandation canadienne de 2019, construite à partir d'une revue complète des études, conclut à des bénéfices modérés sans effet néfaste identifié (Mottola et al., 2018). Les lignes directrices 2020 de l'OMS ont d'ailleurs été les premières à formuler des recommandations spécifiques pour les femmes enceintes et en post-partum (Bull et al., 2020).

Combien et comment : les repères de la HAS

Type d'activitéCe que recommande la HASExemples
EnduranceIntensité faible à modérée ; au moins 3 séances par semaine, ou presque tous les jours ; 150 à 180 minutes par semaine au total, sans complicationMarche rapide, natation, aquagym, vélo d'appartement
Renforcement musculaireIntensité modérée, principaux groupes musculairesExercices au poids du corps, élastiques, renforcement du plancher pelvien
AssouplissementEn complément, et en fin de séanceÉtirements doux, mobilité du bassin, yoga prénatal encadré
Au quotidienRompre les longues périodes assiseSe lever et bouger au moins une minute toutes les heures

Chaque séance commence par 10 à 15 minutes d'échauffement et se termine par 10 à 15 minutes de récupération avec des étirements légers, précise la HAS. La durée d'une session ne doit pas dépasser 60 à 90 minutes, pour éviter la surchauffe.

Le renforcement musculaire : à quoi il sert

La HAS en détaille les objectifs pendant la grossesse : favoriser une bonne posture, prévenir les douleurs du bas du dos et le diastasis des grands droits, renforcer les muscles utiles à l'accouchement, renforcer le plancher pelvien, améliorer le contrôle de la vessie et prévenir l'incontinence urinaire, supporter la prise de poids et favoriser le retour veineux des jambes.

Le yoga prénatal

Le yoga prénatal n'est pas un traitement, mais une façon agréable de combiner assouplissement, renforcement doux et travail sur la respiration. Choisissez un cours spécifiquement prénatal, avec un professeur formé, et appliquez les mêmes précautions que pour toute activité :

  • pas de posture allongée sur le dos à partir de 24 SA ;
  • pas de blocage de la respiration pendant l'effort ;
  • pas de salle surchauffée ;
  • des postures d'équilibre adaptées, avec appui si besoin.

Les précautions à respecter

D'après la HAS, à éviter :

  • le renforcement avec blocage de la respiration (manœuvre de Valsalva) ou contractions statiques prolongées ;
  • les exercices allongée sur le dos à partir de 24 SA : faites-les sur le côté ou debout ;
  • la station debout immobile prolongée ;
  • les activités à risque de chute, de perte d'équilibre ou de choc pour vous ou pour le bébé ;
  • les environnements chauds et humides, et l'altitude.

À faire : bien vous hydrater, porter des vêtements adaptés à la température, tenir compte de votre équilibre qui change au fil des mois, et adapter vos apports à votre dépense. Pour la marche et le travail debout, une ceinture de grossesse peut améliorer le confort.

La compétition est possible au premier trimestre, note la HAS ; au-delà, elle devient souvent difficile.

Quand l'activité est déconseillée

La HAS liste des contre-indications absolues, parmi lesquelles : rupture prématurée des membranes, travail prématuré, saignement vaginal persistant inexpliqué, placenta prævia après 24 semaines, prééclampsie, béance du col ou cerclage, retard de croissance du bébé, grossesse de triplés, certaines maladies cardiaques, pulmonaires ou une épilepsie non contrôlée.

Il existe aussi des contre-indications relatives (par exemple grossesse gémellaire à partir de 28 semaines, hypertension gestationnelle, anémie, diabète mal équilibré, troubles alimentaires). Dans ce cas, le médecin ou la sage-femme évalue avec vous, en lien avec l'obstétricien, ce qui est possible. En cas de complication ou de maladie chronique, la HAS conseille une consultation dédiée avant de commencer.

Est-ce normal ? Quand appeler ?

Est-ce normal ? Quand appeler ? Être un peu plus essoufflée qu'avant ou devoir ralentir au fil des mois est normal. Arrêtez l'activité et consultez votre médecin ou votre sage-femme en cas d'essoufflement excessif qui ne passe pas au repos, de contractions régulières et douloureuses, de saignement, de perte de liquide, de vertiges, malaise ou maux de tête, de faiblesse musculaire qui gêne l'équilibre, ou de douleur ou gonflement d'un mollet. Une douleur ou une sensation de pression dans la poitrine est une urgence : appelez le 15 ou le 112.

Après la naissance

La reprise se fait progressivement, après la consultation postnatale. La HAS indique qu'une rééducation du périnée doit précéder les activités avec impacts au sol (course, sauts, tennis), et que l'activité physique débute, après avis médical, 4 à 6 semaines après un accouchement par voie basse et 8 à 10 semaines après une césarienne. Tout est détaillé dans notre guide de la rééducation du périnée.

Les questions des parents

Peut-on commencer le sport pendant la grossesse si l'on était sédentaire ?

Oui, en commençant doucement. La HAS recommande l'activité physique à toutes les femmes enceintes sauf contre-indication, ajustée à leurs capacités. Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin pour choisir le bon point de départ.

Le yoga prénatal est-il conseillé ?

La HAS recommande d'associer endurance, renforcement musculaire modéré et exercices d'assouplissement : un cours de yoga prénatal encadré peut couvrir une partie de ces objectifs. Évitez les postures sur le dos après 24 SA et les blocages de respiration.

Le sport augmente-t-il le risque de fausse couche ou d'accouchement prématuré ?

Non. La HAS indique que l'activité physique adaptée n'augmente pas les risques liés à la grossesse ou à l'accouchement, notamment de naissance prématurée ou de fausse couche.

Quand reprendre le sport après l'accouchement ?

Après la consultation postnatale et la rééducation du périnée. La HAS indique une reprise, après avis médical, 4 à 6 semaines après un accouchement par voie basse et 8 à 10 semaines après une césarienne, d'abord à intensité légère.

Sources

  1. HAS — Grossesse, l'activité physique pour votre santé (fiche, décembre 2022) vérifiée le 13 octobre 2026
  2. HAS — Synthèse, prescription d'activité physique pendant la grossesse et en post-partum (2022) vérifiée le 13 octobre 2026
  3. OMS — Activité physique (aide-mémoire) vérifiée le 13 octobre 2026
  4. Mottola MF et al. (2018), 2019 Canadian guideline for physical activity throughout pregnancy, Br J Sports Med (DOI 10.1136/bjsports-2018-100056) vérifiée le 13 octobre 2026
  5. Bull FC et al. (2020), World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour, Br J Sports Med (DOI 10.1136/bjsports-2020-102955) vérifiée le 13 octobre 2026

Mamavela informe ; ce guide ne remplace pas votre sage-femme, votre médecin ou votre pédiatre, qui connaissent votre situation. Au moindre doute, appelez-les. En cas d’urgence : le 15 ou le 112.

À lire ensuite